Attila, Gengis-khan, Tamerlan




НазваниеAttila, Gengis-khan, Tamerlan
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rôle très à cœur, réunissant des con­ciles pour le choix des bouddhas vivants. Ce fut ainsi qu’il dut p.604 intervenir au Tibet contre le tout-puissant ministre Sangs-rgyas rgya-mcho qui, sous le couvert d’un dalaï-lama enfant, gouver­nait en maître l’Église jaune. En 1705-1706 Latsang-khan entra à Lhassa, mit à mort le redoutable ministre, déposa le petit dalaï-lama indûment choisi, puis en fit nommer un de plus sûre dési­gnation (1708-1710). De Gouchi-khan à Latsang-khan, les rois khochot du Koukou-nor et du Tsaïdam jouèrent ainsi à l’égard du Saint-Siège tibétain un peu le rôle que les Pépin et les Char­lemagne avaient joué envers la Papauté.

Mais cette haute situation, si importante en raison de l’in­fluence de l’Église Jaune dans la politique de l’Asie Centrale et de l’Extrême-Orient, devait faire des jaloux. Une autre tribu kalmouke, devenue la plus importante en Dzoungarie, celle des Tchoros, ambitionnait cette position-clé. En juin 1717 un chef des Tchoros, Tséreng Dondoub, marcha sur le Tibet. Latsang­-khan, réussit pendant trois mois à arrêter les Tchoros au nord du Tengri-nor, puis il dut, sous le nombre, se réfugier à Lhassa. Il y fut relancé par Tséreng Dondoub qui le 2 décembre s’empara de la ville. Latsang-khan, qui avait défendu le Potala jusqu’au bout, fut tué dans sa fuite 1.Ainsi finit le protectorat khochot du Tibet, mais les Khochot amenés de l’Irtych par Gouchi-khan forment encore aujourd’hui le fond de la population de la région du Tsaïdam et trois autres groupes de la même race subsistent toujours à l’ouest et au nord-est du Koukou-nor ainsi que dans le district de Lu-ts’ang et de La-kia-sseu (Arou-rardja), dans le Sokpa, au sud-est du lac.

Quant à ceux des Khochot qui étaient restés sur l’Irtych près du lac Zaïssan, sous le commandement des deux frères Outchir­tou-setchen et Ablaï, ils pâtirent de la mésentente entre ces deux chefs. Ablaï, vaincu, émigra et alla disputer les steppes entre l’Oural et la Volga aux Torghout dont il surprit et captura le chef, Pountsouk-Montchak (vers 1670) ; mais les Torghout ne tardèrent pas à prendre leur revanche, à le faire lui-même pri­sonnier et à disperser sa horde. Quant à Outchirtou-setchen, resté sur le lac Zaïssan, il y fut attaqué et mis à mort en 1677 par le chef tchoros Galdan qui soumit une partie de son peuple, tandis que le reste allait rejoindre les éléments khochot établis au Tsal­dam et au Koukou-nor  .

Le royaume djoungar sous la dynastie Tchoros.

Règne de Ba’atour khongtaidji (1634-1653).

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p.605 Nous avons vu que, comme les Torghout et les Khochot, les deux autres tribus oïrat — ou kalmoukes ou djoungares, puisque les trois noms désignent le même groupe —, savoir les Tcho­ros et les Dörböt, avaient été chassées de la Mongolie du nord-ouest et rejetées plus à l’ouest encore par les Khalkha. Vers 1620 après d’âpres combats contre l’Altyn-khan des Khalkha dans la région de l’Oubsa-nor, dans la province actuelle de Kobdo, les Tchoros avaient dû se disperser. Une partie d’entre eux et des Dörböt s’enfuirent vers le nord, en Sibérie, dans la montagneuse région de l’Obi supérieur, autour d’Oulala, où les Soviets ont ré­cemment reconstitué « la république autonome des Oïrat », et même plus au nord encore, vers l’actuel Barnaoul, au confluent de la Tchoumich et de l’Ob. Mais la majorité des Tchoros, suivis par leurs alliés Dörböt, s’établirent finalement dans la région de l’Irtych noir, de l’Ouroungou, de l’Imil et de l’Ili, autour du Tarbagataï. Ce fut la force des Tchoros, ce qui leur assura l’hégé­monie parmi les autres Oïrat, de rester ainsi établis au contact de la Mongolie natale, tandis que les Torghout émigraient au nord de la Caspienne et les Khochot au Koukou-nor. Les khans tchoros, avec leurs clients dörböt et khoït, reconstituèrent de la sorte la nation oïrat ou, comme on dira désormais, djoungare. Et c’est sous ce nom de Djoungar ou Dzoungar que nous désigne­rons désormais les Tchoros et leurs confédérés, Dörböt et Khoït, obéissant aux khans tchoros 1.Le premier chef tchoros qui arrêta ainsi la débâcle de son peu­ple et le fixa au Tarbagataï, en attendant de partir de là à la reconquête de la Mongolie, est Khara Koula, mort en 1634 d’après Barthold 2.Son fils et successeur Ba’atour-khong-taidji (1634-1653) continua son œuvre  .Voulant fixer les Djoungar au Tar­bagataï, il construisit une capitale en pierre à Koubak-sari, sur l’Imil, près de l’actuel Tchougoutchak.

« Tantôt dans sa capitale nouvelle, dit Courant, tantôt dans ses campements de l’Ili ou de la région [au sud-ouest] de Kobdo, il se plaisait à recevoir avec p.606 dignité et magnificence les envoyés des princes étrangers et ceux des voïévodes de Sibérie ; le guerrier nomade se muait en prince législateur, agriculteur et commerçant  .

Ba’atour khongtaidji conduisit des expéditions victorieuses contre les Kirghiz-Qazaq de la Grande Horde dont le territoire de nomadisation s’étendait depuis la ville de Turkestan à l’ouest jusqu’à l’Ili à l’est. Au cours d’une première campagne contre leur khan Ichim en 1635, il fit prisonnier le fils de ce chef, Yéhan­gir, qui réussit d’ailleurs à s’échapper. En 1643 il attaqua encore Yéhangir devenu sultan et, avec le concours des chefs khochot Outchirtou et Ablaï, lui infligea une nouvelle défaite. Ainsi les Kirghiz, ces nomades turcs si superficiellement musulmans et devant lesquels tremblaient les sédentaires de la Boukharie, étaient razziés par d’autres hordes, plus mobiles encore, mongoles de race et bouddhistes de religion. Car Ba’atour khongtaidji était sérieusement bouddhiste ; nous avons vu que vers 1638 il concourut, avec Gouchi-khan, roi des Khochot du Tsaïdam et du Koukou-nor, à la guerre sainte qui délivra l’église tibétaine jaune de ses oppresseurs.


Règne de Galdan (1676-1697).

Fondation de l’empire djoungar.

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A la mort de Ba’atour khongtaidji, en 1653 d’après Pozdnéev, le trône djoungar fut occupé par un de ses fils, nommé Senggé (vers 1653-1671). Vers 1671 Senggé fut tué par deux de ses frères, Setchen-khan et Tsotba Ba’atour. Un quatrième fils de Ba’atour khongtaidji, Galdan, né en 1645, avait été envoyé auprès du da­laï-lama, à Lhassa où il était entré dans les ordres. Vers 1676 il revint de Lhassa, après avoir obtenu du dalaï-lama les dispenses canoniques, tua son frère Setchen-khan, chassa son autre frère Tsotba Ba’atour et se fit reconnaître khan des Tchoros et suzerain des autres tribus djoungar 1.Galdan avait triomphé grâce à l’appui du khan des Khochot du lac Zaïssan, Outchirtou-setchen. Cependant en 1677 il n’hésita pas à se retourner contre celui-ci, le vainquit, le tua, annexa son territoire avec une partie de sa horde et refoula le reste vers le Kan-sou 2.p.607 Galdan se trouva après ce coup maître d’un solide royaume djoungar s’étendant depuis l’Ili jusqu’au sud de Kobdo et où les Dörböt, les débris des Khochot et les Khoït, bref toutes les tribus oïrat non émigrées, obéissaient avec discipline à la maison royale des Tchoros. Ainsi Gengis-khan avait naguère unifié sous l’autorité du clan bortchigin tous les Mongols du XIII

e siècle. Disposant, lui aussi, autour de son patrimoine du Tarbagataï, d’une clientèle sûre, Galdan entreprit la conquête de l’Asie Centrale.

Il intervint d’abord en Kachgarie. On a vu que des familles religieuses de khôdja avaient progressivement annihilé dans ce pays l’autorité des khans de la maison de Djaghataï et sournoi­sement substitué ou superposé au vieux khanat gengiskhanide une sorte de cléricalisme musulman, une théocratie islamique. Deux familles de khôdja, celle des Aqtaghlik et celles des Qara­taghlik, avaient ainsi accaparé le pouvoir effectif, la première à Kachgar, la seconde à Yarkand. Vers 1677 le dernier khan, Ismâ’îl, essaya de réagir et chassa de Kachgar le chef des Aqta­ghlik, le khôdja Hazrat Apak 3.Hazrat Apak se réfugia au Tibet, où il implora l’intervention du dalaï-lama. La démarche peut paraître étrange si l’on songe à l’abîme qui séparait la théocratie bouddhique de la théocratie mahométane. Mais sur le terrain des intérêts politiques et nonobstant l’entière opposition des doctrines, malgré le ciel et la terre, les deux cléricalismes se com­prirent. Le « pape du bouddhisme » qui considérait toujours son ancien « enfant de chœur » Galdan comme tout dévoué à sa parole, invita celui-ci à rétablir à Kachgar le représentant de Mahomet. Galdan obéit avec d’autant plus d’empressement qu’une telle mission faisait de lui à la fois l’avocat de l’Église lamaïque et celui de l’Église musulmane, sans compter qu’elle allait lui permettre d’établir le protectorat djoungar sur la Kachgarie.

Ainsi fut fait. Galdan n’eut pas grande difficulté à occuper la Kachgarie. Il fit le khan Ismâ’îl prisonnier et l’envoya en capti­vité à Kouldja, sur l’Ili (1678-1680). Non content de réinstaller le khôdja Hazrat Apak comme vice-roi à Kachgar, il lui donna encore Yarkand au détriment de l’autre famille rivale de khôdja, celle des Qarataghlik, avec, même, Yarkand comme résidence principale. Ainsi la Kachgarie tout entière devenait un simple protectorat djoungar où les Khôdja n’étaient plus que des préfets du khan tchoros. On le vit bien lorsque après la mort de Hazrat Apak les p.608 vieilles querelles recommencèrent entre les deux familles khôdja des Aqtaghlik et des Qarataghlik. Les Djoungar mirent tout le monde d’accord en emmenant prisonniers les chefs des deux clans, l’aqtaghlik Ahmed-khôdja et le qarataghlik Dâniyâl-­khôdja, après quoi ils se décidèrent pour Dâniyâl et l’établirent à Yarkand comme vice-roi de la Kachgarie (1720), mais en exi­geant qu’il vînt faire acte d’humble vassalité auprès de leur khongtaidji, à Kouldja. De plus, les seigneurs djoungar s’adju­gèrent de larges domaines en Kachgarie.

Après la conquête de la Kachgarie, Galdan s’empara — après 1681, semble-t-il — de Tourfan et de Ha-mi où avait sans doute subsisté jusque-là une branche orientale des Djaghataïdes  .Galdan aspirait maintenant à recommencer l’épopée gengiskhanide. Il incitait tous les Mongols à s’unir pour arracher l’empire de l’Extrême-Orient aux Mandchous, ces parvenus dont les ancêtres djürtchät avaient été naguère écrasés par Gengis-khan :

— Deviendrons-nous les esclaves de ceux à qui nous avons com­mandé ? L’empire est l’héritage de nos ancêtres 1 !

Pour faire l’unité de la race mongole, Galdan avait maintenant à attirer dans sa clientèle les quatre khans khalkha. Leurs divi­sions faisaient son jeu, notamment la rivalité qui mettait aux prises le Dzasagtou-khan et le Touchétou-khan. Il s’allia au premier contre le second. Il eut bientôt le plus légitime des motifs d’intervention. Les troupes du Touchétou-khan Tsagoun Dordji, commandées par son frère, le tcheptsoun dampa, vainquirent Chara, le Dzasagtou-khan, qui se noya dans sa fuite, puis elles envahirent le territoire djoungar et tuèrent un frère de Galdan 1.Galdan réagit énergiquement. Au début de 1688, il envahit à son tour le territoire du Touchétou-khan, écrasa l’armée de celui-ci sur le Tâmir, affluent de gauche de l’Orkhon et laissa piller par ses gens les temples gengiskhanides d’Erdeni Tchao, à Qaraqo­roum, signe visible du remplacement des Mongols orientaux par les Djoungar à la tête des nations mongoles. Fuyant devant Galdan, le Touchétou-khan et les autres khans khalkha (même Tzéwang Chab, le frère et héritier du dernier Dzasagtou-khan tué par le Touchétou) se réfugièrent du côté de Koukou-khoto, p.609 en pays tümed, à la frontière nord-ouest du Chan-si, sous la protection de l’empire chinois, en sollicitant l’aide de l’empereur mandchou K’ang-hi. Après avoir subjugué la contrée de l’Orkhon et de la Toula, Galdan descendait maintenant la vallée du Kérou­lèn jusqu’aux approches de la Mandchourie (printemps de 1690). Tout le pays khalkha était conquis par les Djoungar dont l’em­pire s’étendait désormais de l’Ili au Bouir-nor : Galdan osa même s’avancer vers la Mongolie intérieure sur la route d’Ourga à Kalgan.

L’empereur K’ang-hi ne pouvait laisser se constituer aux portes de la Chine ce nouvel empire mongol. Il se porta à la rencontre de Galdan et l’arrêta « à Oulan-pout’ong entre Kalgan et Ourga, à 80 lieues de Pékin 2 ». L’artillerie créée par les Jésuites pour K’ang-hi ne permit pas à Galdan de vaincre. Le nouveau Gengis-khan, intimidé, évacua le pays khalkha (fin 1690). K’ang-hi réu­nit au Dolon-nor en mai 1691 une diète où les principaux chefs khalkha et, en tête, le Touchétou-khan et le Setchen-khan, se reconnurent vassaux de l’Empire sino-mandchou, lui payant dé­sormais tribut, recevant en revanche une pension sur la cassette impériale et unis à lui par un lien de fidélité personnelle qu’allaient cimenter de temps en temps des alliances de famille. Il y a lieu de remarquer que, si ce système bénéficiait de l’expérience administrative chinoise à l’égard des « Barbares », il reposait surtout sur l’attachement, de nomade à nomade, des khans mon­gols pour le grand-khan mandchou. Le fait est que le jour où, en 1912, la dynastie mandchoue s’écroulera, remplacée par la République chinoise, les princes mongols, s’estimant déliés du serment de fidélité, se déclareront indépendants.

La guerre reprit entre Galdan et l’empire en 1695. Galdan tra­versa de nouveau le pays khalkha et pénétra jusque dans la vallée du Kéroulèn d’où il pensait donner la main aux Khortchin de la rivière Nonni qu’il espérait détacher de la clientèle de l’em­pire. Mais les Khortchin avertirent de toutes ses menées la cour de Pékin. Au printemps de 1696 l’empereur K’ang-hi marcha contre lui avec toutes ses forces et, de Kalgan, piqua droit sur le Kéroulèn, dont il remonta la rive à la poursuite de l’ennemi 1.Le khan djoungar chercha à se dérober, mais le principal p.610 lieutenant de K’ang-hi, Fei-yang-kou, qui commandait l’avant-garde, le rejoignit sur la Toula et, grâce, cette fois encore, à l’usage de l’artillerie et de la mousqueterie, l’écrasa à Tchao-modo, au sud d’Ourga, le 12 juin 1696. La femme de Galdan fut tuée, tout son équipage fut pris, ses troupeaux restèrent aux mains des Impé­riaux. Ayant perdu la moitié de ses troupes, le chef djoungar prit la fuite dans la direction de l’ouest, tandis que K’ang-hi reve­nait en triomphe à Pékin et que les Khalkha, sauvés par la vic­toire impériale, reprenaient possession de leur territoire. A l’été suivant K’ang-hi se disposait à repartir en campagne pour relan­cer les Djoungar jusqu’au Tarbagataï, lorsqu’il apprit que le 3 mai 1697 Galdan était mort après une brève maladie  .

Le principal bénéfice que la Chine mandchoue retira de sa vic­toire fut l’établissement définitif de son protectorat sur les Khal­kha. Les quatre khans khalkha que K’ang-hi avait sauvés de la domination djoungare n’avaient rien à lui refuser. Des résidents impériaux s’établirent auprès d’eux et une garnison impériale s’installa à Ourga, au centre de leur pays. A part cela, K’ang-hi qui, resté encore très mandchou, connaissait bien la psychologie des nomades, se garda de toucher à l’organisation nationale des Mongols orientaux. Il respecta « la vieille division, à la fois tri­bale, militaire et administrative du pays en tsouglan (diètes, ou ligues), aymaq (tribus ou corps d’armée), qosighoun ou qochoun (« bannières ») et soumoun (« flèches », c’est-à-dire escadrons) 2 ».

Il en était allé de même chez les Ordos.

« Les diverses tribus, note le P. Mostaert, furent organisées en bannières (mongol qosighoun, ordos gouchoû), à l’instar des huit bannières mand­choues et, quoique la plupart continuassent à être gouvernées par des princes issus de l’ancienne famille régnante, certaines d’entre elles, tels les Tchakhar et les Tümed du Kouei-houa-­tch’eng, les perdirent et en vinrent à relever d’un fonctionnaire mandchou... Les individus appartenant à la même bannière furent répartis entre un certain nombre de
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